QUAND LE MOSSAD RATAIT SES COUPS

Publié le par Adriana Evangelizt

Un article de 1997 qui montre que rien ne change... on s'ingère partout, on se fait des faux-papiers... tout le Moyen-Orient est infesté et la France aussi bien sûr... y'a qu'à voir la nouvelle posture de Chirac dans la politique moyenorientale... ça veut tout dire ! Des sales fouines qui fourrent leur nez partout. Rien de mieux.

Attentat du Mossad : de l’échec au désastre

L’attentat manqué contre un dirigeant du Hamas tourne au désastre. Non seulement Benyamin Netanyahu a dû libérer Ahmed Yassine, mais il doit faire face à une crise diplomatique avec le Canada.

MONSIEUR NETANYAHU, premier ministre d’Israël, a tout de même de la chance : sa dernière action d’éclat - le meurtre raté par deux agents du Mossad d’un dirigeant du Hamas en plein centre d’Amman, il y a huit jours - n’a été révélée au public que la veille du nouvel an juif. Ce qui lui a évité une avalanche d’articles dans la presse israélienne qui ne reparaîtra que dimanche. Elle sera alors de toute façon soumise à la censure, comme l’ont été hier les agences de presse qui sont revenues sur cette affaire (voir fac-similé ci-dessous).

L’affaire fait tout de même beaucoup de bruit, et pas seulement en Israël. Ainsi le Canada a-t-il rappelé jeudi son ambassadeur à Tel-Aviv, furieux du fait que les deux agents présumés du Mossad qui ont essayé de tuer Khaled Mechaal étaient porteurs de passeports canadiens. Des passeports dont Ottawa a confirmé hier qu’ils étaient faux. On s’en doutait depuis que les deux agresseurs, arrêtés peu après leur forfait par la police jordanienne, avaient refusé d’entrer en contact avec l’ambassade du Canada à Amman. Des diplomates israéliens au Canada ont été convoqués jeudi au ministère des Affaires étrangères et le ministre, Lloyd Axworthy, a déclaré que le Canada prenait toute cette affaire « très au sérieux ». Il devait rencontrer aussi son homologue jordanien, Faiez Tarawneh, à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Israël a exprimé jeudi soir ses « regrets » et souligné « sa volonté de poursuivre ses liens d’amitié avec le Canada ». Mais selon Victor Ostrovsky, lui-même ancien agent du Mossad et auteur d’un livre sur les services secrets israéliens, l’utilisation de passeports canadiens volés ou falsifiés est une vieille tradition de la « maison ». Visiblement, elle continue, en dépit des promesses solennelles faites à plusieurs reprises par Tel-Aviv de mettre fin à ces pratiques.

Les critiques ont également commencé à fuser en Israël, malgré le nouvel an. Benyamin Netanyahu sera sans doute appelé à rendre des comptes pour avoir au minimum autorisé, sinon ordonné lui-même, une telle opération sur le sol d’un des rares pays arabes en bons termes avec Israël.

Le Mossad, quand à lui, devra expliquer un échec aussi voyant alors qu’il est considéré comme l’un des « services » les plus efficaces du monde... et les plus discrets. Des responsables de la sécurité israélienne, cités par la radio, ont déjà réclamé la constitution d’une commission d’enquête. « C’est vraisemblablement le plus grand désastre de l’histoire du Mossad. Il est certain que ses chefs devront rendre des comptes et il se peut que le premier ministre Benyamin Netanyahu ne soit pas épargné », estimait hier un spécialiste des services secrets, Amir Oren. « Quelqu’un va devoir payer pour ce désastre. Il ne serait pas étonnant que le chef du Mossad en personne, Danny Yatom, saute, d’autant qu’il entretient de mauvais rapports avec le premier ministre. »

Le commando chargé de tuer Mechaal l’a blessé avec un produit chimique avant de prendre la fuite à bord d’une voiture. Deux de ses membres se sont fait prendre après une course-poursuite à travers les rues d’Amman. Ils auraient utilisé la même voiture - une Hyundai - qui avait été louée par deux gardes de l’ambassade d’Israël, blessés quelques jours plus tôt à Amman, selon la télévision publique.

Israël s’est refusé à confirmer ou à démentir mais, selon Benny Morris, coauteur d’un ouvrage sur le fonctionnement des services secrets israéliens, cet action avortée « porte toutes les marques d’une opération » du Mossad mais elle était « techniquement mal préparée et diplomatiquement malvenue ».

Le premier ministre israélien avait tenté de réparer les dégâts en dépêchant dimanche à Amman des émissaires - dont le ministre de la Défense, Yitzhak Mordechaï, et celui des Infrastructures nationales, Ariel Sharon. Mais face à la colère du roi Hussein qui menaçait de rompre les relations avec Tel-Aviv, il a dû libérer le fondateur de Hamas, Ahmed Yassine. Ce dernier, toujours hospitalisé à Amman, a reçu jeudi la visite du président palestinien Yasser Arafat, accompagné du roi.

Sources : LIBERATION

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LES BAVURES DU MOSSAD

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