Tzipi Livni, sur les traces de Golda Meir

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Tzipi Livni, sur les traces de Golda Meir



de Golda Meir


Entrée tardivement en politique, la chef de la diplomatie israélienne a connu une ascension fulgurante grâce à son mentor, Ariel Sharon. Femme intelligente et intègre, réputée froide et ambitieuse, Tzipi Livni espère profiter des ennuis judiciaires d'Ehoud Olmert pour lui succéder.

Depuis qu'une nouvelle affaire de malversations fait vaciller dangereusement Ehoud Olmert, la chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, a décidé de mettre ses qualités au service d'une ambition : lui succéder au poste de premier ministre. Entrée sur le tard en politique, cette princesse de la droite nationaliste convertie au pragmatisme a connu une ascension météorique grâce à son mentor, Ariel Sharon. Elle est réputée incorruptible, intelligente, froide et calculatrice.

Les révélations du Sunday Times , levant un coin de voile sur son passé d'agent du Mossad, classé top secret, lui offrent une légitimité dans le domaine sécuritaire, qui lui faisait défaut. Cette femme élancée à la chevelure auburn était plus qu'un simple conseiller juridique au sein de la mythique agence de renseignements israélienne, comme l'indique son CV. Elle était un agent de terrain, travaillant dans des capitales européennes avec «des commandos chargés d'éliminer des terroristes arabes», a confié l'une de ses amies au Sunday Times.

Elle quitte le Mossad en 1984 pour poursuivre des études de droit en Israël et devient avocate spécialisée dans les affaires. Bien que toute son enfance ait été bercée par l'idéologie nationaliste de ses parents, qui s'opposent à toute concession territoriale, elle ne se lancera en politique que vers le milieu des années 1990. Elle est élue députée du Likoud (droite) à la Knesset en 1999 à l'âge de 41 ans. Ariel Sharon repère immédiatement sa rapidité d'esprit et la prend sous son aile.

Mariée et mère de deux fils, elle entre au cabinet israélien en 2001 et gère cinq portefeuilles avant de se voir attribuer celui de ministre des Affaires étrangères. Avant elle, Golda Meir, à laquelle elle voue une grande admiration, avait été la seule femme à occuper ce ministère clé. Livni a utilisé sa place pour tisser des relations amicales avec la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, et pour nouer des contacts privilégiés aux États-Unis, partenaire stratégique d'Israël. Comme Golda, elle rêve de faire de son ministère un tremplin pour le poste de premier ministre.

Lorsque Sharon disparaît de la scène en janvier 2005, elle se range derrière Olmert, alors le numéro deux du gouvernement et du parti. À l'issue de la guerre du Liban, en 2006, elle réclame sa démission. Sans aller jusqu'au bout, se gardant de mettre sa propre démission dans la balance. Elle subit alors l'épreuve du feu médiatique israélien, la presse ralliant son manque de courage politique et la surnommant «Tzipi the Knife». Depuis, Tzipi Livni attendait patiemment son heure. Après le témoignage accablant de l'homme d'affaires américain, Morris Talansky, l'un des principaux témoins dans l'affaire de financements illégaux dont est accusé Olmert, elle appelle à l'organisation d'élections primaires au sein de Kadima. Elle critique son manque de probité ainsi que l'effondrement des valeurs dans le système politique israélien. Venant d'elle, la «Mme Propre» de la classe politique israélienne, connue pour son intégrité et sa droiture, la pique fait mouche. Désormais, elle est la seule dans les sondages capable de battre Benyamin Nétanyahou, le chef du Likoud, lors des prochaines élections législatives. D'après les médias, Olmert fera tout pour lui barrer la route. Le premier ministre serait ulcéré par son manque de loyauté. Elle a choisi d'agir comme si Olmert n'existait déjà plus et multiplie les réunions avec la base du parti. Cependant, Olmert en contrôle l'appareil. Et s'il n'est pas en position de se représenter, il poussera en avant Shaoul Mofaz, ancien ministre de la Défense, ex-chef d'état-major de Tsahal et actuel ministre des Transports et des Infrastructures. Livni partageait avec Sharon une conviction et se démarque ainsi de l'héritage de ses parents : en s'accrochant au rêve du grand Israël de la Bible, l'État juif risque la disparition à cause de la menace démographique palestinienne. Pour survivre en tant qu'État juif et démocratique, Israël doit céder des territoires aux Palestiniens et leur permettre de créer un État. C'est pourquoi elle soutient le retrait de Gaza et suit Sharon dans son nouveau parti, Kadima. Chef des négociations avec les Palestiniens, elle défend bec et ongles les intérêts et la sécurité d'Israël. Cependant, les Palestiniens louent son sérieux et son approche directe. Sa décontraction déconcerte parfois ses interlocuteurs. Elle avoue préférer les jeans aux costumes et ne pas apprécier les ambiances formelles. Elle dit vouloir atteindre le sommet, non pas par ambition, mais pour faire avancer les choses.

Sources Le Figaro

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans MOSSAD

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french kiss 29/12/2008 22:32

Que de critiques alors que la meilleure defense est une grande vigilance doublee d audace.