Tzipi Livni : du Mossad à la tête de Kadima ?

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Tzipi Livni : du Mossad à la tête de Kadima ?


par Doug Ireland



Alors que Nicolas Sarkozy s’apprête à pérorer à la Knesset ce lundi, la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, mène campagne pour parvenir à la tête du parti Kadima, créé par Ariel Sharon en 2005. Et fait figure de favorite pour prendre la place du Premier ministre Ehud Olmert méchamment empêtré dans des scandales de corruption. Portrait.

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, est tellement plombé par les affaires de corruption dans lesquelles il est empêtré qu’en Israël on en réfère au film hollywoodien de Tim Robbins « La dernière marche » (Dead man walking en VO) pour parler de lui. Signe qu’il y a le feu au lac, le propre parti d’Olmert, Kadima, a décidé, la semaine dernière, d’organiser une primaire pour désigner son remplaçant à la tête de Kadima et comme candidat au poste de Premier ministre à l’automne. Et déjà quatre prétendants — tous des membres de son gouvernement — se bousculent au portillon : son ministre de l’Intérieur, Meir Sheetrit ; son ministre de la Sécurité publique et ancien chef du Shin Bet, le service israélien de sécurité intérieure, Avi Dichter ; son ministre des Transports et ancien chef d’Etat-major de l’armée, Shaul Mofaz ; ainsi que sa ministre des Affaires Etrangères et numéro deux de Kadima, Tzipi Livni.

Si Shaul Mofaz, qui a débuté sa campagne interne au parti dès le lendemain des législatives de 2006, bénéficie du plus grand soutien à l’intérieur de Kadima, Tzipi Livni est, elle, plébiscitée par les électeurs dans les sondages. Ainsi, selon une étude pour le quotidien de référence Haaretz publiée le 1er juin, avec Tzipi Livni à sa tête, Kadima remporterait 23 sièges à la Knesset, contre 29 pour le Likoud emmené par Benyamin Netanyahu et 15 pour le parti travailliste d’Ehud Barak. Et quelques semaines auparavant, un sondage, réalisé cette fois pour le quotidien populaire Yedioth Ahronoth montrait Livni gagnant 3 sièges de plus à la Knesset que Netanyahu. Une bonne place dans les sondages qui a son importance car, si les prochaines élections législatives sont programmées pour 2010, il est fort probable qu’elles se tiennent de façon anticipée en novembre prochain.

Des racines qui plongent dans la droite pure et dure

Du haut de ses 48 ans qu’elle ne fait pas, Tzipi Livni puise ses racines dans la droite israélienne pure et dure. Ses parents, nés en Pologne, étaient tous deux membres de l’Irgoun, l’organisation clandestine terroriste qui combattait le colonialisme britannique avant la création de l’Etat d’Israël en 1948 et ont été arrêtés par les Anglais pour des actes de terrorisme. Son père était le chef des opérations de l’Irgoun. A ce titre, en 1946 et sur ordre de Menachem Begin, il a organisé le célèbre attentat à la bombe contre l’hôtel King David, où se trouvait le QG britannique, et qui a coûté la vie à 91 Anglais, Arabes et Juifs. Plus tard et toujours aux côtés de Begin, papa Livni a été l’un des architectes de la naissance du Likoud et de la victoire du parti qui a porté Begin au pouvoir en 1977.

Après le décès de son père, Tzipi Livini, qui cherchait à succéder à son paternel à la Knesset sur le ticket du Likoud, a opté pour un slogan bien particulier : « Mon nom est une institution. » Un slogan lourd de sens car, en hébreu, le mot « institution » signifie Mossad, le nom des services secrets israéliens. Dans le passé, Tzipi Livini a travaillé comme agent pour le Mossad mais on ne sait pas avec exactitude pour combien de temps ni pour quelles missions car elle refuse encore aujourd’hui d’en parler. On sait toutefois qu’elle a été un agent clé en Europe pour au moins quatre ans, dans les années 80. Et notamment en France — elle est francophone — où elle a dirigé une « safe house » (maison sécurisée servant de base arrière ou de lieu de repli) pour ses collègues du Mossad au moment où le service entamait une campagne d’assassinats en Europe. Elle était notamment en poste en France en 1980, lorsqu’un scientifique égyptien spécialisé dans le nucléaire et travaillant pour Saddam Hussein a été assassiné dans la chambre de son hôtel parisien par le Mossad. Le gouvernement israélien a refusé de confirmer officiellement que le service était derrière cet assassinat mais le Premier ministre de l’époque, Menachem Begin, a glissé un jour à un journaliste américain qu’il espérait que la France qui aidait l’Irak avait« appris la leçon ».

Tzipi Livni était toujours en poste en Europe lorsque un dirigeant de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), Mamoun Meraish, a été tué par des balles tirées par un agent du Mossad à Athènes, en Grèce, en 1983. Un assassinat où, pour le Times de Londres en date du 1er juin 2008, Tzipi Livni était impliquée. A la suite du meurtre de Mamoun Meraish, Livni est rentrée en Israël pour reprendre ses études de droit. En cause selon le Times, de trop fortes « pressions » dans son boulot d’agent secret. Etait-elle elle-même l’un des tueurs dans cet assassinat et dans d’autres, comme le prétend la presse britannique ?

Dans le sillage d’Ariel Sharon

Mystère, mais toujours est-il que lorsqu’elle se lance dans la politique au sein du Likoud, elle devient vite une disciple d’Ariel Sharon, l’homme qu’une commission officielle israélienne a désigné comme étant « personnellement responsable » du massacre dans les camps de réfugiés de Sabra et Shatila, au Liban, en 1982. Par la suite, c’est Sharon qui l’a successivement faite ministre de la Coopération régionale, ministre de l’Agriculture, ministre de l’Absorption des immigrés et ministre de la Justice. Et lorsque Sharon claque la porte du Likoud en 2005 pour fonder Kadima, dont Livni a écrit le manifeste, elle le suit sans hésiter. Puis, quand Ehud Olmert succède à Ariel Sharon comme Premier ministre, il nomme Tzipi ministre des Affaires Etrangères et suppléante au Premier ministre. Ce qui lui permettra peut-être de prendre sa place par intérim si Olmert est contraint de démissionner après une éventuelle inculpation dans une affaire de corruption.

Lorsqu’elle était au Likoud, Livni passait pour une des « colombes » de ce parti de droite. Elle a soutenu le plan de Sharon pour le démantèlement d’une partie des colonies israéliennes de la Bande de Gaza. Mais, comme l’a relevé le New York Times Magazine dans portrait de la ministre écrit par Roger Cohen et paru en 2007, « elle consacre une grande partie de son énergie intellectuelle à mettre Israël dans le droit chemin du weltanschauung post 11 septembre de l’administration Bush et de la mentalité du "nous-contre-eux" de la guerre contre le terrorisme. Livni veut qu’Israël en soit un acteur important et elle épouse vigoureusement le point de vue voulant qu’il faut batailler pour la liberté contre "la menace palestinienne" souvent associée à Al Qaïda et au président iranien Mahmoud Ahmadinejad  ».

Pire, le journaliste du Times écrivait au sujet de sa longue interview avec Livni : « par moments, je me demandais si elle s’était vraiment éloignée de ses racines puisant dans la tendance dure du Likoud et je ne suis même pas vraiment sûr qu’elle ait saisi la réalité » du problème israélo-palestinien et du Moyen-Orient d’aujourd’hui.

Sombre, morne et austère, Tzipi Livni dispose toutefois d’un grand atout : elle est perçue comme la « Madame Propre » d’un establishment politique pourri par la corruption. Hélas pour elle, elle n’est guère douée pour la politique de terrain, ce qui représente un sérieux désavantage face à son grand rival au sein de Kadima, Shaul Mofaz. Ce dernier a déjà visité à 150 reprises les branches locales du parti au cours des deux dernières années. Un détail important quand on sait qu’au sein de Kadima la pêche aux votes n’est pas un vain mot.

Les quatre candidats au leadership de cette formation ont tous loué les services de « collecteurs de votes » professionnels et des milliers d’adhésions ont été enregistrées au siège de Kadima. Il s’agit essentiellement de nouveaux membres recrutés par les candidats afin qu’ils votent pour eux-mêmes. Tzipi Livni manque encore d’expérience dans ce genre de magouilles et, du coup, se retrouve à la traîne dans la collecte des voix. Pour pallier ce point faible et remporter la primaire de novembre, elle compte sur les sondages qui la désignent comme la grande favorite et parie sur le volonté des membres de Kadima d’avoir à leur tête une gagnante pour les prochaines élections législatives. Ce n’est pas pour rien que la presse israélienne l’a baptisée « Tzipi the Knife » (Tzipi le Couteau). Réserve-t-elle des mauvais coups à ses rivaux ? Les rumeurs vont bon train et elle dispose de trois mois devant elle pour gagner.

Sources Bakchich

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans MOSSAD EN FRANCE

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Sara 10/12/2010 17:58



Vous vous trompez, Tzipi est le diminutif de Tziporah, qui signifie oiseau !



Drew 27/09/2008 12:36

Tzipi Livni Fake Mossad Spy מטען הצינור : ציפי ליבני נופחת ספין מקדימה


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