Un autre son de cloche sur Al Qaïda

Publié le par Adriana Evangelizt

 

 

Un autre son de cloche sur Al Qaïda

 

par Sacha SHER

 

(extraits de http://onzeseptembre.bravehost.com/legrandbluffintro.html)

" (...) il est intéressant de constater qu’un nombre croissant d’instructions judiciaires visant des suspects dits importants aboutissent à des libérations 3, ou traînent indéfiniment, à l’image de celle du Français Zaccharias Moussaoui, un des nombreux « 20e » pirates rapportés par les médias. M. Moussaoui fut arrêté officiellement pour une infraction de visa mais peut-être simplement pour son attitude suspecte dans une école de pilotage. Peut-être pour cette dernière raison ou pour des raisons plus sombres, il fut incarcéré sans que les policiers locaux ne soient autorisés à fouiller son ordinateur portable et ne fut inculpé que le 11 décembre. Les objets trouvés avec lui, pour peu qu’ils lui aient bien appartenu, sont des documents sur les 747-400 (les avions les plus gros de la série 747 à 767), un manuel pour piloter un petit avion d’épandage (crop-duster) et un CD sur l’application aérienne des pesticides 4. Quant à l’intéressé, il clame tout haut qu’il ne faisait pas partie de l’opération du 11-septembre, que le FBI aurait pu empêcher cette dernière en arrêtant d’autres suspects également surveillés, mais que le gouvernement en avait besoin comme excuse pour envahir l’Afghanistan. On ne sait d’ailleurs pas tout de ses déclarations car une partie des requêtes (motions) qu’il a formulées restent encore classifiées. L’agent du FBI Colleen Rowley soupçonne également les autorités de n’avoir rien fait pour empêcher les attaques, et s’étonnait, dans un courrier adressé le 26 février 2003 à son chef Robert Mueller, que l’on n’eût toujours pas interrogé MM. Moussaoui et Richard Reid 5 (le converti arrêté pour possession de produits explosifs dans ses chaussures, apparemment sans détonateur). Un an et demi plus tard, rien n’a changé. M. Moussaoui devrait comparaître au début de l’année 2005, mais sans pouvoir appeler à la barre les témoins qu’il souhaitait faire parler.

L’administration Bush retient les informations à un point tel que le New York Times l’a comparé au Kremlin sous Brejnev. Dans le cadre du procès El-Motassadeq en Allemagne, les Etats-Uniens se sont longtemps montrés réticents à transmettre les comptes rendus d’interrogatoires en leur possession ou à autoriser leurs prisonniers à témoigner. Toutefois, le 11 août 2004, ils consentirent à révéler que selon les dires supposés de chefs présumés de l’opération du 11-septembre, le ressortissant marocain n’avait pas été mis dans le secret de la préparation des attentats 6. Il s’agit là de l’unique exception à leur façon de garder tout sous clef et sous les verrous pour accréditer du mieux qu’ils le peuvent la thèse du complot islamiste. Rien de vrai ne semble pouvoir sortir de la machine judiciaire américaine. Même les avocats de M. Moussaoui lui ont proposé de raconter que le 11-septembre était une opération conjointe de Mohamed Atta et des services irakiens ! Quant aux certitudes statistiques du directeur du FBI sur l’identité des pirates (quinze Saoudiens, deux originaires des Emirats Arabes Unis, un du Liban et un d’Egypte 7), elles sont contredites par le fait que le FBI cherche encore à confirmer leur identité réelle 8. Le but semble de pouvoir faire pression sur une Arabie Séoudite qui était de plus en plus tentée de sceller des contrats pétroliers avec d’autres puissances et de réclamer des droits pour le peuple palestinien. Quant aux témoignages des prisonniers Ramzi Binalchibh et Khalid Sheikh Mohammed (ancien étudiant aux Etats-Unis, « n°3 d’Al Qaida », et pion de la CIA ?), les cerveaux et financiers présumés de l’opération, ils ne sont mentionnés qu’allusivement dans les rapports de la commission d’enquête officielle, ce qui permet toutes les manipulations. Il en sera sans doute longtemps ainsi puisque les documents rassemblés par ladite commission seront directement versés aux archives nationales et rendus inaccessibles pour des décennies 9. (...)

Il peut être extrêmement facile de faire passer un musulman en auteur d’attentat suicide : on lui dit d’embarquer dans un avion, de se tenir debout prêt d’une voiture piégée, ces véhicules sont détruits, puis l’on envoie une revendication islamiste fabriquée sur internet, « information » immédiatement reprise en chœur par les médias de masse. En vérité, combien de personnes seraient prêtes à se suicider pour leur cause, surtout si cela implique de tuer d’autres musulmans ou des touristes plutôt que des militaires ou des colons ? Car, regardons du côté des victimes : pourquoi diable si peu d’Etats-uniens ont-ils été tués avant et après le 11 septembre 2001 par l’Armée Islamique pour la Libération des Lieux Saints (qui est le nom du groupe d’activistes entourant M. Ben Laden, lequel ne parle jamais au nom d’ « Al-Qaïda », une simple référence, dans certains textes, à la « base » de données de l’Organisation de la Conférence Islamique créée en 1969 33) ? Les Yankees ne sont-ils pas les ennemis numéro un des résistants dits islamistes ? En 1998, sur les onze morts de l’ambassade de Dar es Salam, on ne comptait aucun ressortissant des Etats-Unis, et à Nairobi, l’attaque à l’arrière de l’ambassade n’en tua que douze sur deux cents victimes (en fait, le repérage avait été effectué par un possible agent des Etats-Unis, Ali Mohammed 34). Il y eut certes l’explosion du navire de guerre USS Cole, mais elle n’aurait pas été filmée par les fidèles de M. Ben Laden, car, nous avancent des officiels US, l’homme chargé de filmer l’opération s’était endormi 35 ! Ce n’est qu’en mai 2003, à Riyad, en Arabie Séoudite, que le ratio morts Etats-uniens/total des victimes commença à signifier quelque chose politiquement : une dizaine sur trente-cinq tués dans un quartier habité par des Occidentaux. Et encore… Par ailleurs, assez curieusement, le journal Al Ahram Weekly se demandait si les islamistes avaient des relais dans l’appareil de sécurité du royaume puisque le nouveau chef du groupe « Al Qaïda » dans la péninsule arabique serait Saleh al-Oufi, un ancien policier vétéran de la guerre d’Afghanistan. Et si c’était l’inverse, la police qui manipulerait des extrémistes ? Enfin, des questions se font de plus en plus insistantes : « Pourquoi Al-Qaida attendrait-il pour agir ? ». Pourquoi « aucun membre d’Al Qaida n’a agi sur le territoire israélo-palestinien » 36, alors qu’en octobre 2001, M. Ben Laden disait que, puisque le peuple états-unien n’était que l’esclave des Juifs, « la punition devrait toucher Israël », et alors qu’en avril 2002, la « mouvance » aurait mis pour la première fois l’accent sur les cibles israéliennes dans un communiqué publié après les attentats de Djerba 37? Danny Rubinstein, du journal israélien Haaretz, se pose aussi la question le 6 septembre 2004, et pense qu’ « Al Qaïda », qui est de tendance wahabite saoudienne et tue d’autres musulmans (saoudiens) n’a simplement pas les mêmes affinités idéologiques que le Hamas, inspiré des Frères Musulmans égyptiens 38

Tout ceci donne à penser que la véritable Armée Islamique pour la Libération des Lieux Saints (comme se réfèrent eux-mêmes 39 les proches de M. Ben Laden) est finalement très diplomate, tandis que ceux qui commettent des actes aussitôt imputés à « Al Qaïda » servent visiblement les intérêts états-uniens en agissant dans des terres convoitées pour leurs richesses ou leur emplacement stratégique (Tchétchénie, Balkans, Afghanistan). Il semble donc assez peu approprié de désigner l’organisation de cette _expression effrayante : « Front Islamique Mondial pour le Djihad contre les Juifs et les Croisés » (_expression favorisée par le médiatique spécialiste de la dénonciation de Ben Laden, Rohan Gunaratna, qui n’hésite pas à affirmer qu’« Al Qaïda » « nie sa propre existence pour rester dans l’ombre », ce que l’on peut concevoir, mais laisse aussi « planer le doute sur ses véritables motivations », et « ne revendiquait jamais ses opérations » dans les années quatre-vingt dix, ce qui paraît aberrant) 40."

Sources:

3 En Allemagne, Abdelghani Mzoudi puis Mounir El-Motassadeq furent libérés. Le premier avait partagé une chambre avec un dénommé Mohamed Atta et le second était soupçonné d’avoir tenu un compte en banque utilisé par les terroristes supposés MM. Atta et Al-Shehhi. Signalons également les libérations de Maher Aran, Lotfi Raïssi, et Abdallah Higazy, dans la chambre duquel une radio d’avion avait été frauduleusement placée par un gardien.

4 http://911review.org/Wiki/InHisOwnWords.shtml. « Annotated Timeline of the 9/11 Hijackers (…) », http://freerepublic.com/focus/news/683026/posts.

5 http://xymphora.blogspot.com, March 10, 2003.

6 www.hrw.org/backgrounder/usa/use1004 citant Mark Landler, « German 9/11 Retrial Gets Exculpatory Evidence from U.S. », New York Times, August 12, 2004. Chroniques de Guantanamo, http://gwadaoka.org/guantanamo.htm. Le 1er septembre 2004, l’avocat d’El-Motassadeq, Josef Graessle-Muenscher, a été percuté à moto par une voiture qui avait fait une embardée devant lui.

7 www.fbi.gov/presserel/speeches/speech041902.htm.

8 www.fbi.gov/presserel/presserel01/092701hjpic.htm.

9 http://9-11commission.gov, Staff Statement n°16, “Outline of the 9/11 Plot”. www.911citizenswatch.org, Citizens’ Critique, p.22.

33 Pierre-Henri Bunel, Proche-Orient une guerre mondiale? Les dérives de la finance internationale, Carnot, octobre 2004, pp.212-213.

34 http://xymphora.blogspot.com, 23 février 2003.

35 « Bin Laden praises Sept.11 attacks », 10/08/2001, Dallas Morning News, http://multimedia.belointeractive.com/attack/binladen/1007binladen.html.

36 Olivier Roy, « Al-Qaida, label ou organisation ? », Le Monde diplomatique, septembre 2004, p.25.

37 « The Al-Qa’idah Group Had Nothing to Do With the 11 Sept. Attacks », 10 octobre 2001 (www.khilafah.com/home/lographics/category.php?DocumentID =2392&TagID=2). Traduction dans La Gazette du Golfe et des Banlieues, http://ggb.0catch.com/ggb5.pdf ou Le Spectre du terrorisme - Déclarations, interviews, témoignages sur Oussama Ben Laden, éditions Sfar, Paris (1 rue Cassini, 75014 Paris), 2001, p.88. Yosri Fouda et Nick Fielding, Les cerveaux du terrorisme, septembre 2003, Editions du Rocher, p.219.

38 “Many Times Crueler and More Dangerous”, Haaretz, 6/09/2004.

39 « War of the Worlds », The Guardian, 24/8/2002. http://books.guardian.co.uk/review/story/0,12084,779530,00.html

40 R. Gunaratna, Al-Qaida, Au cœur du premier réseau terroriste mondial, Autrement, 2002, pp.7, 10.

Sources : NE PLUS FAIRE FAUSSE ROUTE par Sacha Sher

Posté par Adriana Evangelizt

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