Hariri : Mossad ou Al Qaïda

Publié le par Adriana Evangelizt

Hariri : le Mossad ou Al Qaïda

 

# Pour Barah Mikaïl, chercheur à l'IRIS, l'assassinat de Rafic Hariri est un signal envoyé à la fois à l'opposition libanaise et aux milieux économiques.

# La responsabilité de la Syrie étant "trop évidente" à ses yeux, il privilégie soit la piste israélienne soit la piste islamiste.

Barah Mikaïl est chercheur sur le Moyen-Orient auprès de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS).

Tf1.fr : Pourquoi ce regain de violence alors que la situation semblait calme ?
Barah Mikaïl : Elle était faussement calme. Depuis la fin de l'été dernier, les tensions institutionnelles et politiques se sont multipliées. Tout d'abord avec la reconduction du mandat du président Lahoud (ndlr : reconduction imposée par la Syrie) puis avec le vote de la résolution 1559 de l'ONU (ndlr : votée le 2 septembre 2004 à l'initiative des Etats-Unis et de la France, elle demande implicitement à la Syrie de retirer son armée du Liban et aux groupes armés, notamment le Hezbollah, de désarmer). Cette crise a entraîné la démission de Rafic Hariri de son poste de Premier ministre et la création d'un pôle d'opposition au président Lahoud.

Tf1.fr : Pourquoi Hariri, pourquoi maintenant ?
B.M. :
Il y a trois grands leaders de l'opposition : Michel Aoun, Walid Joumblatt et Rafic Hariri. Le premier est en exil en France, le second, même s'il est très actif sur la scène politique, a en fait beaucoup moins d'importance que Hariri. Le passé d'homme d'affaires d'Hariri lui conférait un important réseau dans les milieux politiques et économiques. Il avait donc une très grande influence dans la vie libanaise. Et il n'avait pas été satisfait de la résolution, qui laissait un délai de six mois avant une nouvelle réunion du Conseil de sécurité.

Son assassinat est donc à la fois un signal envoyé à l'opposition et une manière de déstabiliser le Liban sur le plan économique. Je pense d'ailleurs que le lieu de l'attentat n'a pas été choisi au hasard. Il s'agit d'un complexe touristique et bancaire où des capitaux étrangers sont implantés.

"Les Etats-Unis et la France ont leurs responsabilités"

Tf1.fr : Selon vous, quelles pistes sont à privilégier ?
B.M. :
Bien sûr, tout le monde va se tourner vers la Syrie. Elle avait évidemment intérêt à se débarrasser d'un opposant à sa présence au Liban. Mais cela me semble trop gros pour être réaliste. Même intérêt et même réflexion avec le gouvernement libanais.

Une autre thèse pointe en direction du Mossad. Les services secrets israéliens ont tout intérêt à créer une déstabilisation politique du Liban. Il ne faut pas oublier qu'Israël est toujours de fait en état de guerre et avec le Liban et avec la Syrie.

Enfin, la dernière théorie mène à des groupes islamistes affiliés à Al Qaïda. Ces extrémistes veulent faire disparaître les Etats-nations pour instaurer le califat. La première revendication, diffusée sur Al Jazira, qui stigmatise Hariri comme d'un "agent infidèle" au service de l'Arabie saoudite, semblerait le confirmer. Mais il faut bien sûr être prudent. Pour l'instant, il est trop tôt pour se prononcer avec certitude.

Tf1.fr : Quelle va maintenant être l'attitude des Etats-Unis et de la France ?
B.M. :
Ils ont tous les deux un rôle dans la crise institutionnelle actuelle qui a abouti à cet attentat. Ils ont fait preuve d'une mauvaise stratégie avec la résolution 1559 qui n'a satisfait personne.

Je pense que le problème libanais ne sera de toute façon réglé que lorsque le conflit israélo-palestinien sera réglé, et à un degré moindre quand la situation sera redevenue stable en Irak. Paris et Washington auront alors des moyens de pressions diplomatiques sur la Syrie. Il faut également noter que la présence syrienne au Liban n'est pas la priorité de l'administration Bush.

Sources TF1

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans MOSSAD AU LIBAN

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