L'armée israélienne et le Mossad divergent sur la Syrie

Publié le par Adriana Evangelizt

L'armée israélienne et le Mossad divergent sur la Syrie

Les militaires estiment qu'il faut examiner les offres de dialogues de Bachar al-Assad, alors que le Mossad n'y voit qu'une simple manoeuvre.

 
LA SYRIE rend les dirigeants israéliens de plus en plus nerveux. Un débat très vif oppose ceux qui estiment une guerre inéluctable à ceux, plus optimistes, qui pensent que des négociations sont possibles. Témoins de ces hésitations, Meïr Dagan, le chef du Mossad, les services secrets, et le général Amos Yadlin à la tête des services de renseignements militaires ont présenté hier leurs rapports annuels devant le Conseil des ministres. Selon la presse, les militaires laissent entendre que les récents appels du président Bachar al-Assad à des discussions avec Israël méritent d'être examinés, alors que le Mossad n'y voit qu'une simple manoeuvre d'un homme aux abois qui tente de gagner du temps.
 
Les deux principaux services de renseignements israéliens, dont la rivalité est notoire, sont en revanche d'accord pour constater avec inquiétude que la Syrie est engagée à fond dans une course aux armements depuis la fin de l'opération israélienne au Liban de l'été dernier contre la milice du Hezbollah. Damas aurait ainsi obtenu des missiles à moyenne portée en provenance d'Iran capables d'atteindre n'importe quel point du territoire israélien. Autre signe inquiétant : Haaretz, un quotidien israélien, citant des hauts responsables militaires, a fait état la semaine dernière de mouvements de troupes et de renforts aux abords de la ligne de front près du plateau du Golan.
 
Ehoud Olmert critiqué
 
Ehoud Olmert ne peut plus se permettre la moindre erreur d'appréciation. Critiqué de toutes parts sur la manière dont il a mené la guerre au Liban, le premier ministre est en chute libre dans les sondages. Il a comparu pendant sept heures récemment devant les membres d'une commission d'enquête qui doit désigner le mois prochain les responsables d'une longue liste de ratés de cette opération qui a laissé un goût amer aux Israéliens. D'ores et déjà, le chef d'état-major, le général Dan Haloutz, a tiré ses propres conclusions en démissionnant. Sur la défensive, Ehoud Olmert et Amir Peretz, le ministre de la Défense, attendent avec anxiété le verdict qui pourrait déterminer leur avenir politique.
 
Difficile dans cette situation de prendre la moindre initiative, d'autant plus que chacun sait que la restitution du plateau du Golan, où sont installés environ 20 000 Israéliens constitue le prix à payer pour une paix avec la Syrie. Une concession qu'Ehoud Olmert ne peut même pas se permettre de suggérer. Voulant conserver ce qui lui reste d'une image de modéré, Amir Peretz, qui est également chef du Parti travailliste, tente de ménager la chèvre et le chou. Il a répété hier qu'Israël ne « doit pas fermer la porte à des négociations avec la Syrie, tout en se préparant à la guerre ».
 
Pour compliquer le tout, les États-Unis se sont invités dans ce dossier. Décidé à sanctionner la Syrie accusée de laisser passer des islamistes en route vers l'Irak pour combattre les troupes américaines et de vouloir déstabiliser le gouvernement libanais en soutenant le Hezbollah, George W. Bush veut resserrer l'étau autour de Bachar al-Assad. Pour bien mettre les points sur les i, Condoleezza Rice, la secrétaire d'État américaine, a, selon la presse israélienne, exigé d'Ehoud Olmert qu'il renonce à la moindre velléité de tâter le terrain avec Damas. Un rappel à l'ordre du grand allié américain que le premier ministre ne peut se permettre de traiter par le mépris.

Sources Le Figaro
Posté par Adriana Evangelizt

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