La Chasse aux nazis en Syrie

Publié le par Nikita Colonna-Santana

Un article où l'on apprend que la Syrie a longtemps abrité Aloïs Brunner, un bras droit d'Eichmann, que le Mossad a voulu tuer plusieurs fois... on comprend mieux alors pourquoi le gouvernement israélien ne porte pas la Syrie dans son coeur...

 

TOUJOURS DU MAUVAIS CÔTE ?

par Charles Marty

"Arafat appartient à la même tradition que Hitler" (Yitzhak Shamir)

L'Islam, ennemi juré de l'Europe ? Beaucoup de signes le donnent à penser… et pourtant, l'Histoire a parfois d'étranges détours. Au cours du vingtième siècle, un fil rouge germano-arabe se dégage. Remontant essentiellement au début de la grande guerre, l'attirance allemande pour le nationalisme arabe s'expliquait par des considérations géostratégiques; l'emprise des Etats-Unis sur la politique internationale, symbolisée dans cette perspective par la crise du canal de Suez, a sonné le glas d'une passionnante conjonction d'intérêt. Il ne faut pas confondre panarabisme et Islam …

Quarante années d'intense collaboration !

Tout le monde connaît l'histoire du valeureux capitaine Lawrence, symbolisé cinématographiquement par Peter O'Toole, prônant l'unification des tribus bédouines pour combattre l'allié turc de l'Allemagne. Si la politique de l'Angleterre a toujours été louvoyante dans cette région du globe (l'intérêt économique propre restant l'ultime justification d'actions parfois contraires), l'Allemagne avait déjà, dès le début de la Grande Guerre, ses ambassadeurs, archéologues, espions, hommes d'affaires, aventuriers et autres personnages influents dans une partie du monde dont l'intérêt stratégique ne s'est jamais démenti.

Pendant à l'action d'un "Lawrence of Arabia", les agents du Kaiser Guillaume II ont œuvré pendant quatre ans à une lutte sans merci contre l'ennemi anglais.


Un tel terreau resta bien entendu fertile et fut entretenu dès les années '30 par les agents de l'Abwher (services secrets militaires allemands).


Les conséquences peuvent parfois en paraître étonnantes puisque des sources bibliographiques prêtent au futur ayatollah Khomeiny une rencontre, en 1938 dans la ville sainte de Nadjaf, avec des agents allemands et un ralliement sans faille aux thèses nationales-socialistes.


La collaboration intense entre le Grand Mufti de Jérusalem, dont le petit-neveu, Fayçal el-Husseini, est l'un des fondateurs de l'Organisation de Libération de la Palestine, et le régime hitlérien est connue; elle se concrétisera par la mise sur pied d'unités SS musulmanes… dont l'attrait de propagande fut parfois plus efficace que la valeur combative.


L'Allemagne, au nom de la lutte contre l'impérialisme occidental, et principalement anglais en Palestine, ainsi que contre le sionisme, va jouer à fond la carte mouvement panarabe. La majorité des leaders arabes de l'après-guerre (Bourguiba en Tunisie, Ben Bella en Algérie, Sadate en Egypte pour ne citer que les plus célèbres) ont, à un moment ou un autre, été les alliés consentants et conscients du national-socialisme ou du fascisme.


Mieux encore, les collaborateurs français firent même appel aux travailleurs immigrés pour leur prêter main-forte. Evoquons rapidement cette pitoyable aventure militaire… Mohamed El-Maadi, activiste militant dès les années '30 pour l'indépendance de l'Algérie et lié au mouvement conspirateur de la Cagoule, lance, en 1943, le journal Er Rachid (tirant à 30.000 exemplaires) paraissant en France métropolitaine et stigmatisant "l'occupation judéo-anglo-américaine de l'Algérie". Poussé par l'occupant et les truands parisiens de la gestapo française, El Maadi crée une brigade de repris de justice maghrébins qui gagneront le nom de "SS-Mohamed". Peu appréciés des soldats allemands, ces supplétifs de la dernière heure seront engagés contre les maquis du Sud-Ouest de la France et seront quasi tous massacrés par les -vrais- résistants ou…fusillés par les allemands pour pillages ou viols.



L'aventure de la République Arabe Unie

En juillet 1952, Gamal Abdel Nasser arrive à la tête de l'Egypte. Il en fait un état populiste, s'appuyant sur une armée forte. Il veut répondre à la puissance montante d'Israël et aider les nations arabes en gestation. Le Caire devient la terre promise des mouvements de libération du Moyen-Orient ou d'Afrique du Nord…
Pour l'aider à atteindre ses ambitions, Nasser engage de nombreux conseillers. La majorité d'entre eux ont le teint pâle, l'accent rugueux et des états de service éloquents. En clair, parmi les plus actifs des maudits, ceux qui ne sont pas en Amérique du Sud sont au Caire.


Conseillers militaires, diplomates, journalistes, fonctionnaires de l'information … les allemands sont partout et vont aider Nasser à construire son pays.


La crise du canal de Suez de 1956 (rappelons que Nasser avait décidé la nationalisation du canal ce qui avait entraîné une réaction militaire de la France et de l'Angleterre suivie par une intervention diplomatique forte des Etats-Unis et de l'Union Soviétique, obligeant l'Europe à un arrêt des hostilités et sonnant ainsi le glas du poids géopolitique des anciennes puissances coloniales) et les défaites face à Israël fragilisèrent le régime et, par voie de conséquence, l'influence résolument antisioniste des conseillers très spéciaux de Nasser. Par la suite, l'Histoire montrera que Sadate devint l'un des collaborateurs les plus vertueux des Occidentaux et des Israéliens, peut-être pour se racheter une conduite ?



Le dernier des "Mahométicans"

Cet aperçu de la fraternité d'armes germano-arabe ne serait pas complète sans un petit mot sur le monstre… la bête que tout le monde traque et qui, faute d'être arrêtée, vient d'être jugée, par contumace (eh, eh) aux Assises de Paris.


Chasseur de nazis est une occupation en perte de vitesse, faute de matière première. Plutôt que de finir jugés, rejugés, condamnés, recondamnés, un grand nombre de ces vieillards choisissent lâchement de mourir de vieillesse. Insupportable et dernière arrogance ! Heureusement, un homme assure, pour quelque temps encore, la pérennité de la fonction : son nom Aloïs Brunner.
Autrichien, collaborateur d'Eichmann, travaillant au "Commissariat aux Affaires Juives", responsable du camp de Drancy et de 24.000 déportations, Brunner focalise sur son nom l'acharnement du plus zélé couple de chasseurs de nazis : Beate et Serge Klarsfeld.
A la fin de la guerre, Brunner va tranquillement rentrer dans son pays natal et…être engagé (sous un faux nom, quand même) comme chauffeur de l'US Army. Il est, une première fois, condamné par contumace en 1954 par un tribunal français. L'homme sent alors le vent tourner et quitte l'Allemagne (où il travaillait comme mineur dans la Ruhr (ce n'est pourtant pas lui qui est en couverture du numéro 16 de Devenir)) et s'enfuit en Egypte. Il travaille d'abord au bureau d'action psychologique de l'armée nassérienne (sous les ordres d'un nommé Hans Haffler, un ancien adjoint de Julius Streicher - on ne se refait pas !) mais part rapidement pour Damas, capitale de la Syrie.


Son premier travail consiste à participer à une société-écran acheminant des armes et du matériel militaire au FLN algérien (on ne peut nier que l'homme a de la suite dans les idées par rapport à la France), puis devient un expert des services de renseignement syriens. Cependant, il sera localisé par le Mossad et perdra un œil dans l'explosion d'un colis piégé. Il vivra la fin de la République Arabe Unie (la Syrie changeant de régime) mais deviendra vite l'un des principaux conseillers pour la sécurité du président Afez el-Assad.


Cependant, le Mossad le traque; Beate Klarsfeld fait une démarche officielle en Syrie (dont elle est refoulée) pour demander son extradition et l'opinion internationale commence à s'intéresser à lui. En 1980, deuxième attentat au colis piégé qui lui coûte deux doigts …à défaut de le faire pendre, les Israéliens le tuent par petits bouts.

En 1984, l'Allemagne présente une demande d'extradition officielle auquel il répond par une interview dans un magazine allemand Bunte. Il met deux conditions à sa reddition : ne pas être remis aux Israéliens et être jugé par un tribunal international. Ceci est inacceptable pour les chasseurs de nazis…alors Damas déclare que l'Etat syrien n'est officiellement pas au courant de la présence de Brunner sur son territoire.


Klarsfeld insiste et en 1987, un nouveau mandat d'arrêt international est délivré contre le "bourreau de Drancy". Réplique de Brunner au Chicago Sun Times, auquel il déclare qu'il ne regrette rien et que si c'était à refaire…


Depuis lors, Brunner court toujours et il devrait avoir 89 ans…Klarsfeld n'a pas eu sa victoire et choisit d'exorciser le mal par un nouveau procès par contumace (en mars de cette année). Lors d'un simulacre de procès, les avocats des parties civiles (Maître Serge Klarsfeld, Maître Arno Klarsfeld, Maître Liza Klarsfeld) plaident face à un banc vide. Aucun avocat n'a même été commis d'office à la défense du monstre (qui n'est peut-être même plus de ce monde).
Parodie de justice qui a été jusqu'à écoeurer le vice-président français de la LICRA qui déclarait : "les associations de déportés ne seront pas apaisées par leur présence passive face à un absent. Sauf à considérer l'enceinte judiciaire comme la scène d'un éternel combat militant".


Le dernier des "Mahométicans", symbole vivant ( !) d'une étrange alliance objective fera sans doute encore couler beaucoup d'encre. Oserions-nous dire qu'il est le dernier survivant d'une certaine façon de faire de la politique…

Pour en savoir plus, nous vous conseillons, avec quelques réserves, l'ouvrage suivant : "Le croissant et la croix gammée" par Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel, 1990

Sources : http://www.les-identitaires.com/Devenir17/mauvaiscote.htm

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