Au sujet de l'assassinat d'Atef Bseiso en France 2

Publié le par Adriana Evangelizt

Et voilà le second épisode de l'affaire Atef Bseiso qui nous en apprend un peu plus. Les types qui l'ont liquidé étaient bien renseignés sur son emploi du temps puisqu'ils l'attendaient devant l'hôtel alors qu'il venait de dîner avec un ami.

PISTES PARALLELES

10 juin 1992


L’OLP soupçonne le Mossad, mais n’écarte pas l’idée d’une action d’Abou Nidal La police française, qui était en relation étroite avec la victime, n’écarte aucune éventualité

QUI a tué Atef Bseiso, chef adjoint des services de sécurité de l’OLP, abattu à Paris dans la nuit de dimanche à lundi ? La police française chargée de l’enquête ne manque pas de pistes, puisqu’il y a déjà eu plusieurs revendications : celle d’un groupe extrémiste israélien fondé par un rabbin américain, le Kach, dès lundi et puis, hier, celle de l’organisation terroriste d’Abou Nidal, le Fatah-Conseil révolutionnaire. Un communiqué, daté de Beyrouth et transmis en fin de matinée à l’AFP à Tunis, affirme qu’« un groupe de l’organisation a exécuté le traître Atef Bseiso, qui a fourni ces dernières années à des services des renseignements européens des informations précises sur la situation de plusieurs organisations palestiniennes et sur leurs dirigeants et cadres ». Communiqué démenti un peu plus tard depuis Beyrouth par la direction du Fatah-Conseil révolutionnaire.

L’OLP, pour sa part, continue d’accuser le Mossad (les services de sécurité israéliens) d’être à l’origine du meurtre. Ce qui n’est pas antinomique avec une participation d’Abou Nidal, dont le groupe a toujours été perméable aux infiltrations israéliennes. L’éventualité que ce nouveau crime soit le fait d’Abou Nidal avait d’ailleurs été évoquée dès lundi soir par des sources palestiniennes à Tunis. On se souvient, en effet, que c’est un Palestinien, Hamza Abou Zid, ancien membre du Fatah-Conseil révolutionnaire ayant réussi à se faire engager comme garde du corps par l’OLP, qui avait assassiné, le 15 janvier 1991 à Tunis le chef des services de sécurité et numéro 2 de l’OLP, Abou Iyad (1), dont Atef Bseiso était alors l’adjoint. Avaient également péri dans ce terrible attentat deux autres dirigeants palestiniens : Abou al-Hol et Abou Mohamed al-Ounari. L’assassin, arrêté par la police tunisienne, avait été par la suite remis à l’OLP, qui l’avait jugé, condamné à mort et exécuté. Au cours de l’enquête, il avait reconnu être entré au service de l’OLP avec la mission précise d’approcher Abou Iyad pour le tuer après avoir été en contact à Chypre avec des agents du Mossad.

Rappelons qu’Abou Nidal est considéré depuis près de vingt ans comme un traître par l’OLP, qui l’a expulsé et condamné à mort. Il a également été utilisé par divers régimes arabes qui l’ont tour à tour protégé et dont il sait à merveille utiliser les rivalités autant que les valises diplomatiques : ainsi a-t-il été successivement le protégé de Saddam Hussein, d’Hafez el-Assad ou du colonel Kadhafi. Les pays occidentaux qui en font officiellement leur bête noire et le terroriste le plus recherché du monde après son rival Carlos ont bien souvent fermé les yeux sur ces « protections ». Ainsi les Etats-Unis, quand ils ont, en 1985, ôté l’Irak de Saddam Hussein de leur liste des « pays encourageant le terrorisme », alors qu’ils savaient parfaitement qu’Abou Nidal avait encore des bureaux à Bagdad, malgré une rupture officielle avec l’Irak en 1980. Mais un terroriste qui coopère avec le Mossad et tue des gens de l’OLP est-il vraiment pour Washington un terroriste ?

Selon les premiers éléments de l’enquête menée par la police française - avec qui Atef Bseiso était en contact régulier pour des questions ayant trait à la sécurité des personnalités palestiniennes en France -, l’arme du crime serait un 9 mm, un gros calibre, correspondant généralement à des armes de guerre. C’est au moment précis où Atef Bseiso descendait de la voiture d’un ami avec qui il venait de dîner que ses deux agresseurs, de toute évidence bien renseignés sur son emploi du temps, ont surgi et l’ont plaqué contre la carrosserie du véhicule avant de lui tirer une balle dans la tête.

Réagissant avec 24 heures de retard, le gouvernement français s’est décidé mardi à condamner l’assassinat du responsable palestinien. Le porte-parole adjoint du quai d’Orsay a souligné : « Il est évident que des actes de violence qui ont lieu sur le sol français sont regrettables et condamnables. » Une manifestation de protestation s’est déroulée mardi matin devant l’hôtel Méridien, où a eu lieu le meurtre, à l’appel de plusieurs organisations. L’association France-Palestine condamne l’attentat et souligne dans un communiqué que « ce nouvel attentat dramatique qui a pu être perpétré sur le sol français à l’encontre d’un dirigeant palestinien intervient vingt-cinq ans presque jour pour jour après le début de l’occupation par Israël de la Cisjordanie, de Gaza et du Golan syrien... » Elle réaffirme à quel point la paix au Moyen-Orient, une paix juste et globale, nous concerne directement et demande au gouvernement français « d’user de tous les moyens en son pouvoir, politiques, économiques, pour faire pression sur Israël, pour qu’aboutissent réellement les pourparlers de paix ».
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(1) Une regrettable confusion nous a fait écrire dans « l’Humanité » du 9 juin qu’Abou Iyad avait été tué par un commando d’agents israéliens venus de la mer. C’est en réalité Abou Jihad, autre dirigeant palestinien assassiné, qui avait été « exécuté » de cette façon, le 16 avril 1988.

Sources
L'Humanité

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans MOSSAD EN FRANCE

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