L’enquête sur le réseau terroriste israélien

Publié le par Adriana Evangelizt

Encore un vieil article mais une preuve...

L’enquête sur le réseau terroriste israélien intéresse de près

 les milieux diplomatiques

Par Philippe ABI AKL

18 juin 2006

L’interrogatoire de Mahmoud Rafeh, « président exécutif » du réseau israélien œuvrant pour le Mossad, a suscité un intérêt politique et diplomatique. Il paraît en effet intéressant de vérifier la véracité des informations qui ont transpiré dans l’enquête, menée par les officiers des services de renseignements, malgré le fait que le dossier ait été transféré à la justice. L’on sait déjà que Mahmoud Rafeh restera en détention au ministère de la Défense, sous très haute surveillance. D’ailleurs, tout accès au prisonnier a pour l’instant été interdit.


Selon les premières informations, Rafeh est au service du Mossad depuis 1994. L’homme serait un agent du Mossad depuis cette date, dirigeant un réseau à la solde des services secrets israéliens. Son arrestation par l’armée libanaise a attiré l’attention d’un certain nombre de diplomates, qui se sont hâtés de recueillir des informations pour tenir leur gouvernement au courant des derniers développements. D’autant que cette initiative de l’armée a apporté une preuve supplémentaire de ses capacités et de son potentiel, malgré le peu d’équipement dont elle dispose. Le nombre d’appels téléphoniques de félicitations reçus ces derniers jours par le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, et le directeur des services de renseignements, le général Georges Khoury, constitue une preuve de l’intérêt accordé à l’événement et de son importance sur la scène locale.


Certaines parties diplomatiques ont par ailleurs tenté de savoir quel avait été le rôle du Hezbollah dans l’opération menée par les services de renseignements de l’armée, surtout que l’assassinat des deux responsables du Jihad islamique, les frères Majzoub, avait eu lieu au Liban-Sud (à Saïda), de même que l’arrestation de Mahmoud Rafeh (à Hasbaya). Une question qu’il est tout à fait légitime de se poser, puisque le Liban-Sud est supposé être sous le contrôle sécuritaire étroit du Hezbollah et de la Résistance.


Des parties politiques avaient laissé entendre que c’était grâce aux responsables du Hezbollah que le réseau israélien avait été découvert. Selon ces sources, c’est le parti de Dieu qui a kidnappé Mahmoud Rafeh et l’a remis aux services de renseignements de l’armée. Mais il s’est avéré que ces informations étaient fausses, et que si elles avaient circulé, c’était uniquement pour des considérations politiques visant exclusivement à faire échec au plan mis en branle par l’armée. L’objectif étant de focaliser l’attention du pays sur Israël et sa volonté de déstabiliser la sécurité libanaise et de semer le chaos.


Pour sa part, la direction des services de renseignements de l’armée assure que c’est elle qui a découvert le réseau sans qu’aucune autre partie ne soit au courant. C’est également elle qui a informé le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, de son existence après l’arrestation et les aveux de Mahmoud Rafeh. Le chef du Hezbollah a été informé de l’arrestation de l’espion après le chef du gouvernement, et au même titre que les autres leaders de la conférence nationale de dialogue. Ces précisions de la direction des services de renseignements de l’armée ne sont pas fortuites. Elles coupent court aux rumeurs selon lesquelles le Hezbollah aurait cherché à donner tout le mérite à l’armée pour renforcer le moral de la troupe. Il est clair, dans ce cadre, que le commandement de l’armée refuse d’entrer dans une simili-polémique politique et qu’il cherche à souligner son refus catégorique d’entrer dans une compétition quelconque avec telle ou telle partie.


Il est par ailleurs tout à fait normal que les milieux politiques et diplomatiques soient captivés par cette affaire, dans la mesure où elle pourrait ouvrir le dossier des assassinats perpétrés par Israël au Liban, et celui des attentats en général. Selon des sources au courant du déroulement de l’enquête, il n’existe aucun lien entre les crimes commis par Rafeh et la série d’attentats à la voiture piégée qui a commencé, fin 2004, par la tentative d’assassinat de Marwan Hamadé. Rafeh affirme qu’il a reçu des explosifs d’Israël par voie de mer. L’enquête cherche actuellement à déterminer qui lui a remis les explosifs, qui a collaboré avec lui et quels sont les autres réseaux qui œuvrent sur le territoire libanais pour le compte du Mossad. Mahmoud Rafeh a reconnu que de tels réseaux existaient, tout en soulignant qu’il n’a aucune relation avec eux et qu’il ne possède guère d’informations à leur sujet, puisque chaque cellule agit de manière tout à fait autonome. Le ministre de la Défense, Élias Murr, a mis à la disposition du Conseil des ministres les informations importantes récoltées à partir des aveux du détenu, et qui porteraient notamment sur des crimes commis par Israël au Liban.


Toujours selon les milieux proches de l’enquête, Mahmoud Rafeh aurait concentré ses activités au Liban-Sud, avec pour cibles privilégiées les responsables des groupuscules palestiniens et ceux du Hezbollah. La justice a commencé sa propre enquête avec le détenu, en attendant que les autres membres du réseau soient arrêtés, à commencer par le Palestinien Hussein Khattab, complice de Rafeh. Les deux hommes seront ensuite confrontés l’un à l’autre pour vérifier les informations du détenu.


Quoi qu’il en soit, le résultat effectif de l’opération des services de renseignements de l’armée est de reposer le problème de la modernisation des capacités techniques de la troupe, pour que celle-ci puisse assumer ses responsabilités. Une question qui, dit-on, sera au menu des discussions du ministre de la Défense avec les responsables américains lors de sa visite à Washington, le mois prochain.

Sources : Lorient le jour

Posté par Adriana Evangelizt

 

Publié dans MOSSAD AU LIBAN

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