LE MOSSAD AU KURDISTAN

Publié le par Nikita Colonna-Santana

M. Allaoui dément la présence d'Israéliens au Kurdistan

Il y a le Mossad" et "des organisations humanitaires", affirme un dirigeant du Front turkmène.

Pour la deuxième fois en quarante-huit heures, le premier ministre irakien Iyad Allaoui a formellement démenti, samedi 24 juillet, les informations selon lesquelles des agents israéliens se trouveraient au Kurdistan irakien. "Il n'y a pas d'Israéliens en Irak. Je démens formellement ces rumeurs", a déclaré M. Allaoui lors d'une conférence de presse, à Damas, en compagnie de son homologue syrien, Naji Al-Otri. Il avait déjà fait une déclaration en ce sens jeudi au Caire, après un entretien avec le président Hosni Moubarak. "L'Irak n'acceptera jamais que son territoire soit utilisé contre les frères arabes et musulmans -et- se mettra au service de la région -pour contribuer à y instaurer- la paix, la stabilité et le progrès", avait-il dit.

Le même jour, le ministre irakien des affaires étrangères, Hoshyar Zibari, avait, lors d'une réunion dans la capitale égyptienne avec ses homologues des pays voisins de l'Irak (Turquie, Iran, Syrie, Jordanie, Koweït et Arabie saoudite) et de l'Egypte, invité ces derniers à "dépêcher sur place des experts chargés de constater qu'aucun individu, institution ni société israéliens ne sont présents dans le nord de l'Irak". D'après le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Abou Al-Ghaïth, tous les participants à la réunion, en particulier les ministres iranien et turc, avaient de fait exprimé une "grande inquiétude" quant à une éventuelle présence israélienne dans le nord de l'ancienne Mésopotamie.

"FORMATION DE COMMANDOS"

Dans un article dont le contenu était puisé à plusieurs sources haut placées, publié en juin, le journaliste américain Seymour Hersh rapportait, dans The New Yorker, que des "agents militaires et des services de renseignement israéliens opèrent tranquillement au Kurdistan, où ils assurent la formation d'unités de commandos kurdes et (...) mènent des opérations secrètes dans les zones kurdes, en Iran et en Syrie".

Ils opèrent sous une couverture d'hommes d'affaires, et certains d'entre eux ne sont pas porteurs de passeports israéliens, ajoutait-il, en précisant que le porte-parole de l'ambassade d'Israël à Washington a balayé ces informations comme étant "tout simplement fausses", tandis que les responsables kurdes irakiens, d'une part, un porte-parole du département d'Etat américain, de l'autre, ont refusé de les commenter. En revanche, un "important responsable de la CIA a reconnu (...) qu'il y avait effectivement des Israéliens au Kurdistan" et que leur présence "était largement connue de la communatué américaine du renseignement".

A Mossoul, la métropole du nord de l'Irak, nombreux sont ceux pour qui la présence d'Israéliens au Kurdistan ne fait aucun doute. "Bien sûr qu'il y a des Israéliens au Kurdistan. Tout le monde le sait. Il y a le Mossad, mais aussi des organisations humanitaires, notamment dans le village chrétien d'Ain Kava, près d'Erbil. Ils collaborent dans tous les domaines, notamment le déminage, l'assistance médicale, le renseignement", affirme Sabah Mahmoud, du Front turkmène irakien.

"Les Kurdes eux-mêmes disent qu'il y a des Israéliens chez eux", déclare Nourredine Al-Hiali, du Parti islamique irakien. Les Israéliens veulent "diviser l'Irak en encourageant les Kurdes à l'indépendance. Il y a de nombreux juifs kurdes en Israël. C'est pourquoi il y a une coopération, ajoute-t-il. Cela ne date pas d'aujourd'hui, mais du temps du père de -Massoud- Barzani -le chef du Parti démocratique du Kurdistan, PDK-. Depuis 1991 -après l'imposition d'une zone de protection pour les Kurdes dans une partie du Kurdistan par la coalition des pays alliés contre le régime de Saddam Hussein-, ils peuvent revenir plus facilement. La semaine dernière, cinq véhicules ont été interceptés en Jordanie avec des Israéliens. Les Kurdes eux-mêmes reconnaissent qu'ils ont des relations avec Israël. Il y a longtemps que ce n'est plus un secret."

Abdel Ghani Ali Yahyadou, membre du PDK, déclare pour sa part n'avoir "pas vu d'Israéliens. Mais, précise-t-il, il y a des Kurdes qui ont des mères juives, qui ont émigré en Israël et qui reviennent. Pourquoi ? Je ne le sais pas. Ce que je sais, c'est que les Turcs ont averti Israël de ne pas intervenir au Kurdistan. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'espions, mais ils ne sont pas dans les écoles de police ni dans l'armée. Les réseaux d'espions israéliens ont survécu dans tout l'Irak. En 1968, quatorze ont été pendus."

Michel-Bôle Richard (à Mossoul) et Mouna Naïm

 Sources : http://www.minorites.org/article.php?IDA=2860

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans MOSSAD EN IRAK

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